La semaine dernière j’ai proposé à Alexandra, une « lectrice » du blog avec qui je discute régulièrement, d’écrire un article sur le problème d’assurance que rencontre les sages femmes libérales aujourd’hui pour pratiquer un accouchement assisté à domicile mais plus largement sur la possibilité de laisser le choix à chaque femme de choisir son accouchement. Je remercie donc Alexandra d’avoir acceptée cette invitation et d’avoir écrit ce super article! Et n’hésitez pas à signer la pétition à la fin de l’article.
Mercredi 18 novembre 2009, 15h53. Mon fils, tu viens de naître, après 11 heures de contractions. Je suis épuisée, fatiguée, mon corps est fourbu mais je suis tellement heureuse ! Tu es né chez nous, comme nous le souhaitions. Chez nous car cela nous semble tellement plus logique, tellement plus naturel. Je savais, bien avant d’être enceinte, que je voulais une naissance « naturelle ». Une fois enceinte, j’ai ressenti un besoin impérieux, de vivre mon accouchement « à ma façon ». Pas celle dictée par la société, ni par mes copines, ni par ma mère ou ma sœur, et encore moins de la façon dont l’aurait décrété un gynéco. J’avais besoin de vivre cette naissance comme un passage, un rite initiatique. Un « avant » et un « après ». J’avais besoin de me sentir liée à toutes ces femmes qui avant moi ont vécu le passage de la vie, dans leur chair. J’avais besoin de me confronter à moi-même, à mes limites, à mon endurance.
Alors oui j’ai eu mal, non je n’ai pas souffert (souffrance : quand la douleur devient intolérable et envahit le psychisme – c’est ma propre définition après plusieurs lectures), mais quel bonheur ! quelle merveille ! J’ai tellement aimé vivre ce moment, sentir cette puissance féminine, cette puissance brute de la vie, que lorsque de ma 2nde grossesse, il était évident pour mon homme et moi que nous accueillerons ce bébé chez nous aussi.
Samedi 28 janvier 2012, mon 2nd fils, tu es né chez nous, chez toi. Avec une telle rapidité et une telle force que j’ai mis plusieurs semaines à vraiment intégrer que « ca y est tu es né » tellement ça a été vite (pour la petite histoire, 2h30 après la rupture spontanée de la poche des eaux, il était là !) et « presque facile » (oui quand même j’ai eu mal ).
Tout ça pour vous dire quoi ? Que je suis heureuse d’avoir pu vivre les naissances de mes fils comme je le souhaitais. Que je souhaite à toutes les femmes d’avoir le choix, de faire des choix, quels que soit ces choix (je soulèverai bien le débat du « non choix » de la péridurale mais ce n’est pas le débat du jour ).
Alors pourquoi cet article ? parce que dès le 1er octobre, les sages femmes libérales sont sommées par leur conseil de l’ordre de déclarer si elles accompagnent des AAD (Accouchement Assisté à Domicile) et de joindre la preuve de leur assurance…. Assurance que très peu d’entre elles ont pour des raisons purement financières. Et les sanctions encourues à partir de ce 1er octobre pour les sages femmes accompagnant des AAD sans assurance : certes amendes et emprisonnement mais surtout radiation ! ce qui veut dire pour elles ne plus pouvoir exercer …
Donc en clair, les AAD ne sont plus possibles. Donc des milliers de femmes, de couples ne peuvent plus faire le choix de la sécurité. S’ils veulent rester chez eux, ils devront se passer de sage femme (on parle d’ANA – Accouchement Non Assisté).
La question aujourd’hui n’est pas d’être POUR ou CONTRE les AAD. Ni de sentir concerné (j’aimerai bien en vivre un) ou pas (ils sont fous de faire ce choix). Juste de se battre pour garder le CHOIX. Le droit de choisir où accoucher et auprès de qui. Le droit pour les femmes de disposer librement de leur corps. Comme l’accès à la contraception ou le droit à l’IVG. Car oui il s’agit d’un combat de la même importance, et qui nous concerne TOUS.
Pour signer la pétition, c’est ICI.
Pour suivre les infos, c’est là.
Pour mieux comprendre la situation, vous pouvez aller ICI.
Un petit rappel important : un AAD (Accouchement Assisté à Domicile) de nos jours n’est en rien comparable à un accouchement à la maison du siècle dernier (hygiène, suivi, écho, présence d’une sage femme…)
source: couverture du livre « Intimes naissances: choisir d’accoucher à la maison »

