Une photo de naissance pleine de souvenirs

Il y a des photos que l’on regarde sans vraiment y prêter attention… et puis il y a celles qui racontent une histoire. Cette photo de naissance fait partie de celles-là.

J’ai quelques heures à peine. Nous sommes le 25 janvier 1984.

Ma mère a 27 ans et demi.

La naissance s’est bien passée, sans péridurale, exactement comme elle le souhaitait. D’ailleurs, elle aurait préféré accoucher à la maison. Elle a donc attendu le plus longtemps possible avant de partir pour la maternité, pendant que mon père essayait de la convaincre qu’il était peut-être temps d’y aller…

Tiens, en y repensant… j’ai fait exactement la même chose pour la naissance de Manolo. Comme quoi, certaines choses se transmettent peut-être.

Je suis finalement arrivée en quelques minutes seulement. Les sages-femmes ont même failli me raser la tête avant de réaliser que… non, c’était bien moi qui étais déjà là !

Avec le recul, cela aurait peut-être dû mettre la puce à l’oreille à mes parents. Arriver aussi vite, avec autant d’énergie… c’étaient probablement les premiers signes de cette hyperactivité qui m’a accompagnée toute mon enfance. Il m’aura pourtant fallu attendre mon master de psychologie pour mettre un mot dessus.

Bien sûr, je n’ai aucun souvenir conscient de cette journée. En revanche, je connais cette photo de naissance par cœur.

On y voit ma mère, impeccablement coiffée. Après tout, quand on est coiffeuse, on reste élégante en toutes circonstances ! Elle porte ses bijoux, un joli collier, probablement une petite barrette dans les cheveux… On est loin du pyjama en pilou et de la tenue ultra-confort que beaucoup de mamans choisissent aujourd’hui après un accouchement.
À côté d’elle, deux vases remplis de roses et de gypsophile. À l’époque, on offrait encore des fleurs à la maternité. Ma mère n’a jamais aimé les bouquets trop chargés ou multicolores. Des roses, simplement, c’était tout à fait elle.
Au pied des bouquets, un petit cadre en argent avec deux cœurs renferme les photos de mes deux grandes sœurs. Elles ont alors trois ans et demi et quatre ans et demi. L’une est blonde, l’autre brune.

Et puis il y a moi.
Je suis presque certaine que ma mère avait choisi ma tenue avec autant de soin que la sienne. Quant aux petits chaussons, je parierais qu’ils ont été tricotés par ma grand-mère.

Une simple photo.
Quelques heures de vie.

Et pourtant, quarante ans plus tard, elle raconte déjà tellement de choses.

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