Se découvrir {à la maternité}

Les premiers moments où l’on se découvre.
Les premiers moments où l’on apprend à se connaitre.
Les premiers moments où il rencontre la famille.
Les premiers bains, premiers changes, premières tétées…
Et voici les premières photos de Manolo prises à la maternité (avec mon réflex et mon iphone)!

Dernière photo, prise un soir en me disant que ça serait surement la dernière photo. C’était jeudi soir et toute la journée j’avais eu mes premières contractions de travail. Au final, Manolo est arrivé deux soirs plus tard!
Je m’en suis plutôt bien sortie, comme pour Misha, je n’ai pris que dans le ventre et un peu moins de kilos que pour ma première grossesse (seulement 8!)
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Premières photos
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Première tétée de Manolo en présence de Misha… Elle a demandé à venir sur mes genoux « voir ». D’après Misha, Manolo « mange le sein »!
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Rester longtemps et souvent l’observer!
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Premier jour, ne pas se lasser de le voir dormir!
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Avec son Papa
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Misha trop fière de son sac… Une petite couture que je lui ai préparé lors de mes derniers jours avant d’accoucher! Elle était très fière de le découvrir à la maternité et sort rarement sans!
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Reprendre ses marques avec un tout petit bébé!
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Manolo et sa Mamy
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Papy découvre aussi Manolo!
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Et voilà Juju devenu papa de deux enfants 😉
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Première photo de famile
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Un allaitement qui se met facilement en place!
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Sa peau toute bronzée (= jaunisse) sur la mienne… toute aussi bronzée 😀
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Et Papy et Mamy et leurs petits enfants
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Une photo de Juju petit et dessous de Manolo… un air de ressemblance 🙂
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Savourer ma chambre seule avec une magnifique vue! Et se demander si Manolo est un Bébé d’automne ou un Bébé d’été 😀
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Premier portage … avec ma PESN! Vraiment top avec un nouveau-né!
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Un nouvelle collection de doudous qui se profile: les Zazous pour Manolo!photos a la maternité iphone manolo (22)
Petit loulou, le matin du troisième jour!
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Et me voilà en chambre seule, je peux tenter de faire de jolies photos de Manolo puisque j’ai enfin accès à de la lumière naturelle!
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C’était ma participation aux mardis tout doux de Maman@home.

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L’accouchement sans péridural, un accouchement presque animal

L’accouchement sans péridural, un accouchement presque animal. Un drôle de titre mais c’est ce qui m’est venue à l’esprit après avoir accouché. Et je ne perçois pas le côté animal comme négatif, plutôt comme un retour au source, quelque chose de naturel. Je souhaitais  vraiment accoucher sans péridurale mais je disais par « précaution »: « je souhaite accoucher sans péridurale, si possible ». Je me laissais une marge de manoeuvre au cas où, peut être même par peur de ne pas en être capable.

Je suis tellement heureuse d’avoir pu accoucher sans, ça a été une expérience magique.

Alors oui, j’ai envie d’en parler. J’ai juste envie de partager mon expérience de l’accouchement sans péridurale, mes ressentis et mes impressions. Mais j’ai tellement envie de partager que je ne sais pas par où commencer (= cet article va être bordélique et risque d’être redondant avec le récit de la naissance de Manolo!!).

Lors de ma première grossesse, j’avais déjà cette envie d’accoucher sans péridurale mais tous mes projets avaient vite été réduits à néant à cause de ma césarienne programmée.
En décembre dernier, avec Juju, nous parlions d’un deuxième enfant, nous étions prêts mais je nous laissais ma dernière plaquette de pilule pour y réfléchir posément (même si c’était déjà tout réfléchi). Et durant ce mois de décembre, j’ai eu la chance de pouvoir voir le film « Entre leurs mains » qui passait sur Public Sénat. Un documentaire émouvant (je pleure à chaque fois que je le vois) sur l’accouchement à domicile mais aussi révoltant quant au statut des sages-femmes qui le pratique. Pour moi (et après une césarienne), il n’était pas question d’un accouchement à domicile mais je me retrouve tellement dans leur façon de voir et de parler de l’accouchement. Une révélation!!
Ce que j’ai principalement retenu c’est que la femme sait naturellement et spontanément accoucher. Lorsque l’on met une péridurale, la femme perd tout le « réflexe » d’accoucher. Elle ne sent rien et ne sait pas quand ni comment accoucher.

Pour moi, il me paraissait important de préparer mon accouchement. Je souhaitais avoir et me donner les moyens d’accoucher sans péri. Avec notre sage-femme et notre haptothérapeute (oui toujours elles! De vraies alliées durant mes grossesses), nous avons vu comment gérer la douleur, comment Juju pouvait avoir un rôle important dans l’accouchement, quelles positions, respiration…

Et oui, j’ai utilisé le terme de douleur parce que je pense qu’accoucher sans péridurale, il peut y avoir de la douleur. Mais ce n’est pas péjoratif comme on peut souvent l’entendre. Pour moi, la douleur n’est pas souffrance. D’ailleurs ma mère avait acheté quelques mois auparavant un livre qu’elle avait lu et qui lui avait bien parlé: « J’accouche bientôt, que faire de la douleur? » de Maïtie Trelaun. Ce livre est super, il parle des différentes étapes de la naissance, de ce que l’on peut ressentir… Un livre que je recommande vraiment (oui je recommande plein de choses dans cet article 🙂 )! Je l’ai lu et relu certains passages jusqu’à ce que je ne sois plus en capacité de me concentrer sur la lecture, soit quelques heures avant d’accoucher!

Pour mon accouchement, j’avais vraiment envie de faire le maximum du « travail » à la maison.  Je savais que si j’allais trop tôt à la maternité, le temps me paraîtrait long, je ne pourrais pas faire ce que je veux comme je le veux. J’imagine que si quelqu’un vient nous voir toutes les heures, on doit trouver le temps long et on doit attendre son arrivée dans l’espoir d’apprendre que le travail a avancé. Et si en plus cette personne nous propose la péri tout le temps, ça doit être « tentant d’être soulagée »… Donc avancer le maximum du travail était vraiment important pour moi. J’étais au calme, dans mon lit confortable, dans ma maison rassurante… Des éléments qui rassurent et permettent de se sentir bien. J’ai donc passé mes deux dernières journées et surtout la dernière à « vivre » au rythme de mes contractions. J’écoutais mon corps et rien d’autre.
Accoucher sans péridurale, pour moi, cela va de soi avec un accouchement physio, respectueux du corps de la femme mais aussi de l’enfant. Arrivée à pouvoir être au calme, à l’écoute de mon corps, c’est déjà une super expérience, on apprend beaucoup de choses sur soi et on respecte bien plus son corps.

Puis est arrivé le moment où nous avons décidé d’aller à la maternité. J’avais un peu peur de ne pas pouvoir autant gérer les choses là-bas. Et bien que je sentais que mon corps avait besoin de pousser à chaque contraction, j’ai eu peur qu’on nous renvoie chez nous en nous disant que c’était trop tôt! 🙂
Une fois installée dans la salle de pré-travail, j’ai tout de suite fait part à la sage-femme de mon envie d’accoucher sans péridurale et surtout d‘être accompagnée en ce sens. Elle l’a entendu et cela m’a rassurée et soulagée.
Déjà avant de partir de chez nous, les contractions étaient devenues plus fortes. Et petit à petit, à chaque contraction je commençais à pousser un genre de grognement, léger mais qui m’aider à faire passer ma contraction.
Arrivée à l’hopital, les contractions étaient encore plus fortes et ce grognement, que je ne maîtrisais pas était aussi de plus en plus fort. Je sentais à chaque contraction le besoin de pousser. Et cette force pour pousser et accompagner Manolo, je la trouvais dans ce grognement. Je n’arrive pas à le qualifier. C’est quelque chose que je ne connaissais pas de moi. Ce cri, très animal, très primitif, ne représentait pas de la douleur ou de la souffrance. Juste de la force et de l’énergie.
Et à chaque contraction, c’est mon corps qui prenait le dessus. Je criais et c’est comme si toute la force de ce cri se transformait en poussée. C’est vraiment dans ce sens que j’ai senti mon accouchement comme naturel et presque « animal »!

Quand il a fallu accélérer à la fin pour que Manolo sorte (son coeur commençait à ralentir), la sage-femme m’a demandée de pousser aussi hors des contractions. Mais je n’y arrivais pas, je n’avais pas la force et je ne savais pas comment faire. Je poussais sans force, sans y arriver vraiment. Ces poussées hors contractions étaient silencieuses. Aucun son ou cri ne sortait de ma bouche (mis à part un « je n’y arrive pas »!).

Une fois que Manolo est né, j‘ai compris. Tout a pris sens pour moi. Sans péridurale, je savais accoucher. Les poussées étaient naturelles, réflexes et efficaces. Une force que je ne m’imaginais pas m’envahissait, accompagnée de ce cri visséral. Lorsque j’ai du pousser sans en ressentir le besoin (exactement comme lorsque l’on une péridurale), je ne sentais rien, je n’avais pas de force et je ne savais pas faire.

Une fois mon accouchement terminé, je me suis rendue compte de plusieurs choses:

  • j’avais mal à la gorge! Ca m’a bien fait sourire!! Je disais à Juju que j’avais prévu de l’homéopathie pour tout sauf pour ça! Le lendemain c’était déjà fini.
  • j’ai énormément crié et j’avais du faire peur à tout le monde! La sage-femme m’a rassurée en me disant que c’était souvent comme ça et encore plus lors des accouchements sans péri.
  • que je devenais très douillette lorsqu’elle m’a fait trois points pour mes petites déchirures. Ca a bien fait rire la sage-femme, elle m’a assurée qu’après un accouchement comme le mien, je pouvais être fière de moi et que non, j’étais loin d’être douillette.
  • Le fait d’avoir fait tout le travail à mon rythme à la maison m’a permis d’être en forme, pas fatiguée et d’avoir pu aller au bout de mon projet. Projet que je n’avais pas écrit d’ailleurs (sur les conseils de ma sage-femme).
  • que je regrettais que la sage-femme m’ait percé la poche des eaux. On aurait très bien pu attendre que cela se fasse naturellement. D’ailleurs j’ai trouve ça dingue la force avec laquelle s’este explosée la poche, je l’ai sentie exploser partout (et tremper la sage-femme!).
  • que j’étais fière de moi, de Juju et de Manolo. Nous avions réussi à vivre pleinement cet accouchement comme je l’avais imaginé et rêvé.
  • que cet accouchement sans péridurale me donnait une certaine confiance en moi et cela n’est pas négligeable quand on devient maman.
  • que je n’ai pas eu l’impression de ressentir de la douleur. Mes contractions ont toujours été gérables (avec l’aide de Juju), la poussée aussi. Il n’y a que le moment où la sage-femme a dégagé le menton de Manolo que j’ai eu mal (et ensuite quand elle m’a recousue 😀 )!
  • que la préparation avec le soutien de mes formidables sage-femme et haptothérapeute m’ont été importantes pour me préparer et me donner confiance.
  • que pour un prochain accouchement, si prochain il y a, j’ai envie d’accoucher chez moi. Cet accouchement m’ayant donné confiance en moi, me montrant que oui, j’étais capable de « mettre mon enfant au monde » (en parallèle à ma césarienne).

Ses petits pieds sur la peau d’bête 😉
l'accouchement sans péridurale
♥♥♥

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Ta merveilleuse naissance… ♥

Tu étais attendu pour le 20 octobre mais je n’avais qu’une envie, que tu arrives avant le 20. Je n’étais pas pressée de vouloir accoucher à tout prix. J’aime être enceinte, j’ai aimé jusqu’aux derniers moments te sentir bouger dans mon ventre, cela ne m’a jamais gêné. C’était toujours un plaisir de te sentir bouger, venir à notre rencontre sous nos mains.
Mais il y avait cette menace que l’on m’avait mis dessus lors de mon premier et unique rendez-vous à l’hopital de Perpignan: « si vous n’avez pas accouché à votre DPA, nous vous déclenchons ». Tout mon suivi de grossesse je l’avais fait sur Nantes puisque nous avons aménagé juste un mois avant ma date prévue d’accouchement. Je ne m’attendais donc vraiment pas à cette mauvaise « nouvelle » et pour pouvoir mener mon projet de naissance au bout, Bébé devait arriver de lui-même…

Cela faisait un peu plus de deux semaines que nous avions aménagé. Ma mère était présente chez nous depuis l’installation puisque Juju avait du partir une semaine en Belgique (aucune envie de me retrouver seule pour accoucher!). Elle m’a aussi énormément aidée à nous installer, vider tous les cartons, m’aider et de me donner l’énergie pour le faire, mais aussi m’aider avec Misha au quotidien (et la fatigue qui s’accumulait un peu). Nous avions vidé tous les cartons et aménagé toute la maison. J’étais donc prête à accueillir Bébé.
Mais, il me restait la décoration de la chambre de « Bébé » à faire. Je n’avais pas eu le temps de faire la guirlande fanion à son prénom que j’avais imaginé, ni de préparer quoi que ce soit! Avec l’aide de ma mère, je me suis lancée dans la couture. Une jolie guirlande, les petits noeuds au moïse ont été changés, un rideau tout simple mais qui finit bien la chambre…
Mon sac pour la maternité avait été fait très vite fait.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, je commence à avoir de nouvelles contractions. Des contractions, je sais ce que c’est, j’en ai depuis le début de ma grossesse et lorsque je travaillais j’en avais énormément mais elles n’étaient pas douloureuses. Durant cette première nuit, les contractions commencent donc à changer et à me lancer en bas du dos. C’est supportable mais je sens que je suis dans un « virage » de ma grossesse.
Le jeudi, j’ai rendez-vous chez une sage-femme (conseillée par une amie et son amie 😉 ). Elle doit me faire un monito et c’est surtout une première prise de contact. Si je n’ai pas accouché durant la fin de la semaine, nous avons prévu de faire deux séances d’acupuncture. Mais elle me dit que j’ai encore le temps et que si je dois être déclenchée c’est que ça devait être comme ça, je devais passer « par cette étape », je devais la vivre (oui sauf que j’en ai aucune envie!). Durant la journée, mes contractions changent vraiment, elles sont de plus en plus gênantes (pas encore trop douloureuses mais je sens que ça arrive!) Je commence à me demander « quand est ce que l’on sait que c’est le moment de partir à la maternité?« .
Durant la nuit de jeudi à vendredi, les contractions sont biiiien plus nombreuses, parfois toutes les 10 minutes pendant une heure. Une fois ou deux, je me retrouve à réveiller Juju par ma respiration qui change. Et si c’était pour cette nuit? Mais non je ne crois pas… Enfin je n’en sais rien en fait!
Vendredi matin, j’annule tout ce que j’avais prévu de faire. Je téléphone à la crèche de Misha ‘non elle ne viendra pas pour ses 30 minutes d’adaptation », je ne me sens pas capable de l’accompagner et si j’accouche, ça va lui faire une coupure dans son adaptation, autant repousser un peu. Je n’accompagnerais pas non plus ma mère dans une visite d’une maison. Ma journée se déroule normalement si ce n’est que lorsque j’ai une contraction, je ne peux plus rien faire, si ce n’est essayer de bien respirer pour la laisser passer. Entre deux contractions, je finis la couture pour la chambre de Manolo avec ma mère.
Le soir, cela devient vraiment dur dur! Avant d’aller me coucher, même si je suis crevée, j’installe avec ma mère toute la décoration dans la chambre de Bébé au rythme de mes contractions qui me ralentissent. Je la trouve magnifique, cela me fait vraiment plaisir de lui avoir préparé ce petit cocon. Bébé tu peux venir, tout est prêt pour toi! Avant de me coucher, je finalise nos sacs. Ca sera surement cette nuit!

La nuit de vendredi à samedi est courte. J’enchaine les contractions. J’essaye de bien respirer pour accompagner les contractions. Juju m’accompagne en me touchant la cuisse comme on a pu le voir en hapto. Cela m’aide et me soutient aussi. Nous passons la nuit rythmée par mes contractions, on se rendort entre chaque. Par période, elles sont toutes les 5-10 minutes. « Est ce maintenant que nous devons aller à la maternité?« . La nuit passe, on gére plutôt pas mal.
Au matin, je tente d’aller prendre le petit déj avec tout le monde. Mais lorsque j’ai des contractions, je ne suis pas à l »aise assise. Misha m’imite et me dit « maman pourquoi fuuuuuu? » (= le bruit lorsque je souffle fort). Je passe le reste de la journée dans le lit, centrée sur moi. J’apprécie que ma mère soit présente pour s’occuper de Misha (l’éloigner lorsqu’elle veut me sauter dessus…), que Juju soit aussi là pour me soutenir.
En début d’après-midi, je suis fatiguée d’essayer de gérer les contractions. Je dors entre mes contractions. Misha ne veut pas faire de sieste, Juju la relève. Mais assez rapidement, je la renvoie se coucher. Elle a besoin de sa sieste et j’ai peur qu’elle soit trop « fatiguée/fatiguante » ensuite pour ma mère. Elle finit par s’endormir.
Mes contractions sont de plus en plus rapprochées mais surtout de plus en plus fortes. Et plus ça va, plus j’ai l’impression de me faire un peu pipi dessus à chaque fois (oui, très glam’!), je pense que ma poche est fissurée. Vers 16h30, après une contraction, Juju me demande si je veux qu’on parte à l’hopital. Est-ce LE moment où il faut partir à la maternité? On dit toujours que l’on sait quand c’est le moment. Et si c’était là, maintenant? Je lui dis que je pense qu’on peut y aller en effet! Cela fait plusieurs contractions que je commence à avoir envie de pousser. Mais je ne lui dis pas, je ne veux pas le stresser.
On se prépare donc. Je pleure, j’ai un peu peur de la suite, j’aurais voulu dire au revoir à Misha et je regrette de l’avoir forcée à aller faire sa sieste et de ne pas être présente ensuite à son réveil. Bébé va arriver bientôt et c’est à la fois excitant et un peu stressant.
Ma mère nous fait coucou avec sa main, il est 16h37 et nous partons. J’ai des larmes qui coulent…

Je demande à Juju de rouler doucement et de ne pas prendre de bosses. Chaque mouvement me donne des contractions (ça a déjà été compliqué pour aller jusqu’à la voiture, garée devant notre porte!), contractions qui me donnent envie de pousser. Nous habitons vraiment pas loin de l’hopital et il n’y a pas trop de circulation. Juju roule doucement. J’ai 3-4 grosses contractions que je gére comme je peux. Il est 16h42 et nous nous garons sur le parking des urgences maternité. Juju sort les affaires et moi je sors difficilement de la voiture. En fait, je vis au rythme de mes contractions qui me font ralentir et m’arrêter lorsqu’elles sont vraiment présentes.
Nous sonnons aux urgences. Le temps me parait long, je me tiens au mur pour tenir le temps de mes contractions. Nous prenons ensuite l’ascenseur et nous attendons que quelqu’un vienne à l’accueil. Je me souviens qu’il y avait du monde devant l’accueil. Je dois avoir l’air fine avec mon gros ventre, mes larmes aux yeux et le fait que je me tienne aux murs lorsque j’ai des contractions! Et puis je m’en fous, il faut que je me concentre sur ma respiration.
Arrive enfin un monsieur. Juju explique la situation. Il me demande si j’ai perdu le bouchon muqueux (oui), si ma poche des eaux à percer (oui fissurée je pense), si j’ai envie de pousser et depuis quand (oui mais je n’en sais rien). Cette personne prévient par téléphone les sages-femmes qu’il va accompagner une femme sur le point d’accoucher. Il nous demande de patienter, me propose de m’asseoir mais je ne suis pas à l’aise assise donc je reste debout. Il me demande si je suis capable de marcher ou si je préfère y aller en fauteuil. Mais je préfère marcher, ce qui me permet de gérer mes contractions et je suis plus à l’aise debout. Il galope dans les couloirs, je le suis… à mon rythme! Une fois arrivé, Juju doit se mettre en blouse, charlotte pendant qu’il m’accompagne jusqu’aux sage-femmes.
On m’amène dans une salle de pré-travail. Une sage-femme et une autre personne me propose de m’installer et de faire pipi dans un petit pot avant. Je tente et ressors aussitôt des toilettes. Je ne peux pas, j’ai envie de pousser. La sage-femme me dit qu’elle va m’ausculter parce que ça parait être pour bientôt!

Il est 17h, cela fait quelques minutes que l’on est installé dans la salle de pré-travail. Elle m’ausculte donc, je suis dilatée à 6. Elle envoie Juju faire rapidement mes étiquettes (merci l’administration!) et prépare les affaires. Je lui ai expliqué que je souhaitais vraiment essayer d’accoucher sans péridurale et donc d’être accompagnée dans ce sens. Du coup, elle a été me chercher un ballon et me propose « une galette » (objet que je ne connaissais pas). La galette me soulage un peu le bas du dos mais je n’utilise pas le ballon. A la maison, je n’arrivais pas parce que mes contractions étaient moins gérables pour moi sur le ballon. Juju est donc parti.
J’ai deux nouvelles contractions où j’ai envie de pousser. Elle me réausculte. Je suis dilatée à 9, avec la poche des eaux qui est devant, bombée et prête à exploser et Bébé juste derrière. Elle me dit que si la poche éclate, Bébé va arriver. Je lui dis qu’elle a intérêt à tenir encore un peu, je veux que le Papa soit avec moi!
Juju arrive enfin (il a pourtant été très rapide mais ça m’a paru très long!). Puis quelqu’un entre pour dire que « ça y est, la salle d’accouchement est prête ». La sage-femme explique que je suis sur le point d’accoucher et moi que je ne veux/peux pas bouger! On reste donc en salle de pré-travail.
On explique à la sage-femme que je veux essayer d’accoucher sur le côté comme nous avons vu en hapto. Elle nous dit « pas de problème, vous allez nous montrer ». On s’installe et je commence déjà à pousser. Elle me perce la poche des eaux. C’est assez surprenant, je sens qu’elle explose partout (et surtout sur la sage-femme!!). Et me voilà à pousser pour que Bébé puisse sortir.
Je ressens et vis chaque contraction. Je sens une force que je ne connaissais pas qui me permet de pousser. Juju m’aide et me soutient. Au bout d’un moment, la sage-femme me dit qu’il faut accélérer un peu, Bébé fatigue. Elle me propose de passer sur le dos pour arriver à pousser plus fort. Je pousse, je sens Bébé qui descend, prêt à sortir mais pas encore tout à fait.

A priori Bébé fatigue et n’arrive pas encore à sortir. La sage-femme m’explique qu’il va falloir accélérer un peu et pousser hors des contractions en plus (chose que je n’arrive pas!) sinon on va être obligée d’appeler le médecin. Je lui dis que je ne veux pas (mais elle le sait et veut aussi que l’on y arrive sans!). Je n’ai pas envie d’avoir une épisio, je n’ai pas envie que l’on me sorte des forceps ou je ne sais quoi! Non, je veux y arriver!
« Aller, on essayer encore une fois » mais je n’arrive pas à pousser correctement hors des contractions (ce n’est tellement pas naturel!). Après deux/trois dernières fois, Bébé sort. La sage-femme lui a donné un petit coup de main et lui a dégagé son menton pour sortir. Je sens sa tête, suivi du retournement de son corps. C’est très émouvant. Je vais à sa rencontre et le pose sur moi.
Je suis toute émue et Juju aussi. Bébé est là, sur moi. Manolo, c’est le prénom que nous lui avons choisi et donné. Manolo, notre petit Manolo.

Je me sens fière et heureuse. Fière d’avoir réussi à accoucher sans péridurale mais surtout d’avoir été actrice de cet accouchement, d’avoir tout senti et géré (bien qu’il y ait deux trois petites choses n’étaient pas vraiment comme j’avais voulu). Fière d’avoir pu mettre au monde mon enfant, d’avoir eu le soutien de Juju pour l’accueillir. Et heureuse de le rencontrer… Cette naissance, c’est celle que j’avais imaginé et rêvé. C’est comme ça que j’avais envie de mettre au monde Manolo…

naissance manolo accouchement sans péridurale physio

♥♥♥

♥ Manolo ♥

Petit Manolo tu es arrivé parmi nous un joli jour d’octobre.
Il faisait aussi chaud qu’en été, le ciel était bleu et le soleil brillait.
Je trouvais que c’était une journée accueillante pour toi.
Depuis plusieurs jours déjà, je savais que ton arrivée s’approchait à grand pas.
Et puis tu as décidé que c’était le bon moment après 9 mois passé dans mon ventre.
Nous t’avons accueilli au mieux avec beaucoup d’amour.
Cela fait un peu plus d’une semaine que tu es parmi nous.
Bienvenue Petit Manolo

Naissance Manolo tinylasouris

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